28 avril 2010

Nick Cave, le portique et le cormoran.

En 2011, j’achevais le montage du film sur la construction du portique du port de Port-la-Nouvelle. C’est Jean-Pierre Pujol du service des opérations portuaires de Port-la-Nouvelle et de la sous-direction des ports qui m’avait confié cette tâche. De nouveaux travaux vont démarrer et il m’a sollicité pour en faire le suivi. J’ai revu avec plaisir le film de 2011. C’est une sorte de catalogue chronologique des différentes phases de la construction du portique. Il comprend quatre couches narratives qui s’imbriquent les unes aux autres. Les images qui montrent les hommes en train de travailler constituent la couche primaire. Les commentaires des différents intervenants forment la couche secondaire. La troisième couche est faite des titres qui nomment les différentes phases techniques des travaux. Et enfin, la dernière couche c’est la bande musicale du film. C’est un véritable film de création qui satisfait l’oeil du spectateur par ses images explicites. Il comble l’intellect par la variété et la diversité des propos des intervenants. Et il possède une dimension incommensurable qui fait l’épaisseur d’une oeuvre de création. Le cormoran plonge et observe crédule l’avancement des travaux. Nick Cave attend la fin du film pour attaquer sa chanson. La récurrence lancinante du début du morceau de Nick Cave semble accompagnée l’impatience des hommes et l’indifférence du cormoran. La lenteur du film fait hommage à l’éloge de la lenteur de Pierre Sansot.